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martes, 15 de enero de 2019

Les pauvres



                           de Alberto Julián Pérez ©

Les pauvres nous inquiètent
parce qu'en eux
plus pauvres ou plus riches
nous nous reconnaissons 

Pauvre est la condition
dêtre un et d’être en vie 

Lestés du moi
nous souffrons en silence 

L'éternité nous manque
l’oubli nous fait peur

Ce moi insuffisant
languit et s’en plaint

La mémoire du temps
se perd dans nos rêves 

Nous nous croyons différents
et nous ne sommes qu’un

Celui qui a rêvé
un sujet sans nom,
qui était lui
et tout le monde,
a deviné le destin 

Sans résoudre le doute
le temps nous accable

Est-ce que le Néant nous attend
au bout de la route?
 
                  Traduit par Charlotte Coing


Los pobres

                   de Alberto Julián Pérez ©

Los pobres nos inquietan
porque en ellos
más pobres o más ricos
nos reconocemos

Pobre es la condición
de ser uno y estar vivo

Con el lastre del yo
sufrimos en silencio

La eternidad nos falta
Nos aterra el olvido

Este yo insuficiente
se lamenta por ello

La memoria del tiempo
se pierde en nuestros sueños

Nos creemos distintos
y somos uno solo

Aquél que soñó
un sujeto sin nombre,
que era él y era todos,
adivinó el destino

Sin resolver la duda
el tiempo nos agobia

¿Nos aguarda la Nada
al final del camino?

“Los pobres”. Revista Nueva Grecia No. 9 (Otoño 2015): 14-18. Web.


lunes, 14 de enero de 2019

Prière



                  de Alberto Julián Pérez ©

Seigneur,
moi, qui pensais arriver
au centre du monde
en franchissant des grillages
et traversant des murs,
je me rends compte
que mon coeur a aussi
ses murs et ses secrets. 

Chacun cherche à s'échapper
de sa prison, de son destin, 
qui est le destin de tous. 

Nous, mortels, 
ne vivons que pour l'éternité
et nous trouvons ceci :
un chemin, un mur.

Le centre du monde
est nulle part
parce que le coeur de l'homme
c’est un no man’s land.

Seuls tes pas  
nous guident
entre les eaux
au pays du miracle.

                  Traduite par Charlotte Coing


El muro

                           de Alberto Julián Pérez ©

Señor,
yo que creí llegar
al centro del mundo
cruzando alambradas,
atravesando muros,
me doy cuenta
que mi corazón
también tiene muros y secretos.

Cada uno
busca escapar de su prisión,
de su destino,
que es el destino de todos.

Nosotros, los mortales,
vivimos preparándonos
para la eternidad
y encontramos esto:
un camino,
un muro.

El centro del mundo
no está en ningun lado
porque el corazón del hombre
es tierra de nadie.

Solo tus pasos nos guían
entre las aguas
a la tierra del milagro.

“Plegaria”. En Ana María González, editora. Déjame que te cuente…Anthology. Chiringa Press, Seguin, TX, 2014. 69-72. Edición bilingüe castellano/inglés.  Print.

lunes, 5 de noviembre de 2018

Le poète maudit



de Alberto Julián Pérez ©


                        I


Halluciné je remonte rue Florida,
fils de l´acide et du poison.

L'acide s'appelle la poésie,
le poison c'est la vie.

Toute la poésie rentre dans un poème.

Je traverse une avenue de fleurs,
la poésie m'éclaire.
Les fleurs de chair ont besoin de chair
parce qu'elles ont faim de vie.

Fruit de cette chair je suis
et de sa chair je me nourris,
sur cette île de la faim
où nous dévorons
et nous sommes dévorés.

Dans cette jungle de frères
nous avons faim.

Horreur de la faim.

Toute la poésie rentre dans un poème.

                       II

Dieu viendra nous chercher un jour
et nous donnera des morceaux
de sa propre chair.

Nous mangerons tous ensemble
le fils de l'homme
et ensuite nous boirons son sang.

Sa chair, fruit nécessaire,
et son sang, vin nouveau.

Toute la poésie rentre dans un poème.

                     III

Oh ville, ma ville,
aie pitié de tes orphelins.

Tout passe par notre bouche
et notre estomac
et s’en va à l’égout du monde.

Misère de la chair.

Dans notre vie criminelle
qui se souvient de l'amour
sinon pour dévorer les baisers.

Nous sommes en vie contre les autres
et toute la poésie rentre dans un poème.

Par ici, on n’arrive pas au paradis,
c´ est une avenue de l'enfer.


              Traduit par Charlotte Coing,
                           avec l´ auteur




El poeta maldito

                                    de Alberto Julián Pérez
           
                       I

Alucinado voy por Florida,
hijo del ácido y del veneno.

El ácido se llama poesía,
el veneno es la vida.

Toda la poesía cabe en un poema.

Por una Avenida de flores voy,
la poesía me ilumina.

Las flores de carne necesitan carne
porque tienen hambre de vida.

Fruto de esa carne soy
y de su carne me alimento
en esta isla del hambre
donde devoramos y nos devoran.

En esta selva de hermanos
padecemos hambre.

Horror del hambre.

Toda la poesía cabe en un poema.


                        II


Dios vendrá a buscarnos un día
y nos dará
un bocado de su propia carne.

Entre todos nos comeremos
al hijo del hombre
y luego beberemos su sangre.

Su carne, fruto necesario,
y su sangre, vino nuevo.

Toda la poesía cabe en un poema.


                 III

Oh ciudad, mi ciudad,
compadécete de tus huérfanos.

Todo pasa por nuestra boca
y nuestro estómago
y luego va a la cloaca del mundo.

Espanto de la carne.

En nuestra vida criminal
quién se acuerda del amor
si no para devorar los besos.

Estamos vivos contra los otros
y toda la poesía cabe en un poema.

Por aquí no se llega al Paraíso,
ésta es una Avenida del Infierno.